
Signer une promesse de vente immobilière ne signifie pas toujours que l’acheteur et le vendeur prennent les mêmes engagements. Dans une promesse unilatérale de vente, le propriétaire s’engage à vendre son bien aux conditions convenues, tandis que le bénéficiaire dispose d’une option d’achat pendant une durée déterminée. Cette différence est fondamentale pour comprendre les possibilités de renonciation et leurs conséquences financières.
En France, les obligations dépendent de la nature exacte de l’avant-contrat, de ses conditions suspensives et des délais prévus. Le droit de rétractation de l’acquéreur non professionnel constitue également une protection distincte de l’option d’achat.
Avant de signer, il faut donc examiner ce que chaque partie promet réellement, les circonstances permettant de mettre fin à l’opération et les sommes susceptibles d’être restituées ou conservées. Une clause mal comprise peut transformer un simple retard administratif en différend contractuel. La sécurité de la transaction repose autant sur la précision du document que sur le respect du calendrier.
Promesse de vente : les engagements essentiels
- La promesse unilatérale engage principalement le vendeur, tandis que l’acquéreur bénéficie d’une option d’achat.
- Le compromis engage réciproquement les parties, sous réserve notamment du droit légal de rétractation et des conditions suspensives.
- L’indemnité d’immobilisation, les clauses de financement et les échéances doivent être vérifiées avant toute signature.
- Pourquoi une promesse de vente n’engage-t-elle pas acheteur et vendeur de la même manière ?
- Promesse ou compromis : quelles différences comptent vraiment pour un acheteur ?
- Comment relire une promesse de vente avant de s’engager ?
- Quelles clauses d’une promesse faut-il clarifier avant de signer ?
- Quelles dates surveiller après la signature d’une promesse de vente ?
- Que faut-il vérifier dans un compromis de vente avant de s’engager définitivement ?
- Comment vérifier un compromis avant de le signer sans oublier une information importante ?
- Quelles clauses clarifier avant signature pour éviter un conflit après la vente ?
Pourquoi une promesse de vente n’engage-t-elle pas acheteur et vendeur de la même manière ?
Une promesse unilatérale de vente crée une asymétrie juridique : le vendeur s’oblige à vendre le bien au bénéficiaire selon les conditions prévues, mais l’acheteur conserve la liberté de lever ou non son option. Cette liberté n’est cependant pas nécessairement gratuite : une indemnité d’immobilisation peut être prévue si l’acquéreur renonce hors des cas protégés.
Le vendeur, appelé promettant, immobilise juridiquement son bien pendant la période convenue. Si le bénéficiaire lève valablement l’option et que les conditions requises sont réunies, le vendeur doit respecter son engagement. Son refus peut ouvrir la voie à une action judiciaire, selon les circonstances.
L’acquéreur, de son côté, n’est pas obligé d’exercer l’option. Il doit néanmoins respecter les règles contractuelles applicables à sa décision, notamment le délai et les modalités de notification.
Selon les explications des Notaires de France sur les avant-contrats immobiliers, l’indemnité d’immobilisation correspond fréquemment à 5 à 10 % du prix de vente. Il s’agit d’un usage, pas d’un taux légal général.
Cette indemnité ne représente pas automatiquement l’intégralité du préjudice du vendeur. Son sort dépend notamment de la rédaction de l’acte, du droit de rétractation et des conditions suspensives. Si une clause pénale distincte existe, son application répond à ses propres règles et peut faire l’objet d’un contrôle judiciaire.
La qualification de l’avant-contrat change aussi la répartition des obligations :
- Promesse unilatérale de vente : le vendeur promet de vendre et l’acquéreur détient une option.
- Promesse unilatérale d’achat : le candidat acquéreur s’engage à acheter dans les conditions définies, tandis que l’engagement du propriétaire doit être apprécié séparément.
- Promesse synallagmatique : vendeur et acheteur s’engagent réciproquement à conclure la vente.
Le titre inscrit sur le document ne suffit donc pas à établir les obligations réelles. Les clauses et la volonté juridiquement exprimée par les parties sont déterminantes.
Les formalités méritent la même attention. Le droit de rétractation de dix jours de l’acquéreur non professionnel d’un logement relève de l’article L.271-1 du Code de la construction et de l’habitation. Une mention manuscrite peut être exigée dans certaines modalités de remise directe, mais elle ne constitue pas une formalité universelle applicable à tous les avant-contrats.
L’enjeu est de déterminer à quel moment une simple faculté d’acheter devient une obligation juridiquement contraignante. Cette distinction permet ensuite de choisir plus lucidement entre promesse et compromis.
Promesse ou compromis : quelles différences comptent vraiment pour un acheteur ?
La différence essentielle entre une promesse unilatérale de vente et un compromis concerne la liberté contractuelle de l’acquéreur. Dans la promesse, le bénéficiaire conserve une option pendant le délai convenu. Dans le compromis, vendeur et acheteur s’engagent réciproquement, sous réserve des protections légales et des conditions prévues au contrat.
Le compromis, également appelé promesse synallagmatique de vente, repose sur un accord réciproque concernant le bien et le prix. Cette portée explique pourquoi il ne faut pas le considérer comme une simple réservation sans conséquence.
Pour comparer les deux formules, plusieurs critères sont utiles.
| Critère | Promesse unilatérale de vente | Compromis de vente |
|---|---|---|
| Engagement du vendeur | Obligation de vendre selon les conditions convenues | Engagement réciproque de vendre |
| Engagement de l’acheteur | Option d’achat à exercer ou non | Engagement d’acheter sous les réserves applicables |
| Somme éventuellement versée | Indemnité d’immobilisation | Dépôt de garantie éventuel |
| Rétractation légale | Protection de l’acquéreur non professionnel lorsque les conditions légales sont réunies | Même protection légale dans son champ d’application |
| Formalités particulières | Enregistrement obligatoire dans certains cas | Pas d’obligation générale identique d’enregistrement |
La promesse peut convenir à un acquéreur qui souhaite conserver une option pendant une période déterminée, notamment lorsqu’il doit clarifier plusieurs aspects du projet. Elle ne remplace toutefois pas des conditions suspensives bien rédigées.
Le compromis peut suffire lorsque les parties sont prêtes à prendre un engagement réciproque et que les vérifications indispensables sont suffisamment avancées. La présence de conditions suspensives adaptées reste déterminante.
Sur le plan fiscal et formel, une promesse unilatérale sous seing privé portant sur un immeuble doit respecter l’obligation d’enregistrement prévue par le Code civil. Les évolutions fiscales intervenues depuis 2006 ne doivent pas être confondues avec la disparition de cette formalité. Le coût applicable doit être vérifié au moment de la transaction.
La durée séparant l’avant-contrat de l’acte authentique ne doit pas non plus être réduite artificiellement. Un calendrier trop serré peut compliquer la réalisation des démarches bancaires, notariales ou administratives.
Une fois le type d’avant-contrat choisi, l’étape suivante consiste à vérifier précisément son contenu. C’est souvent dans les modalités d’exécution, plus que dans le titre, que se situent les risques.
Comment relire une promesse de vente avant de s’engager ?
Pour relire efficacement une promesse de vente, il faut procéder par étapes : vérifier d’abord les caractéristiques économiques de l’opération, examiner ensuite les conditions suspensives, puis contrôler les obligations et les documents justificatifs. Cette méthode permet de repérer les incohérences qui passent facilement inaperçues lors d’une lecture rapide.
La première lecture doit permettre de répondre à des questions simples : quel bien est vendu, par qui, à quel prix, avec quels frais et à quelle échéance ? Le montant de l’indemnité éventuelle, les honoraires d’agence et leur répartition doivent être clairement identifiés.
La deuxième lecture concerne les conditions permettant à l’opération de se poursuivre ou d’être abandonnée sans sanction dans les circonstances prévues. Les conditions de financement, d’urbanisme ou relatives à certaines caractéristiques du bien doivent être suffisamment précises pour pouvoir être vérifiées.
La troisième lecture porte sur les obligations concrètes de chaque partie. Elle comprend notamment les équipements conservés, l’état du logement à la remise des clés, les travaux éventuellement promis et la situation d’occupation.
Cette relecture doit aussi identifier les personnes juridiquement habilitées à vendre. Un bien détenu en indivision ou soumis à certaines règles matrimoniales peut nécessiter l’intervention de plusieurs personnes. Il faut également rapprocher la désignation cadastrale, les surfaces, les dépendances et les servitudes des pièces disponibles.
Les engagements formulés oralement pendant les visites méritent une attention particulière. Une promesse de réparation, le maintien d’un équipement ou la possibilité d’utiliser un emplacement de stationnement doivent être confirmés dans les documents contractuels appropriés.
Les modifications doivent être demandées avant signature, par écrit, afin que la version finalement signée corresponde aux accords réels.
Les cinq vérifications à documenter avant la signature
- Comparer l’identité des signataires et leur qualité avec les justificatifs disponibles ; conserver une fiche des parties vérifiées.
- Rapprocher le prix, les honoraires et les sommes à verser des documents contractuels ; établir un récapitulatif financier.
- Contrôler les conditions suspensives et leurs échéances ; dresser un tableau des conditions et justificatifs attendus.
- Comparer la désignation du bien avec les diagnostics, plans et titres disponibles ; consigner les éventuels écarts.
- Faire confirmer les engagements annexes et les corrections nécessaires ; obtenir une version consolidée de l’avant-contrat avant signature.
Un notaire peut examiner la cohérence juridique de l’ensemble. Lorsqu’un professionnel de l’immobilier rédige l’avant-contrat dans le cadre de ses compétences, son intervention ne remplace pas nécessairement une consultation notariale indépendante. Un acte établi directement entre particuliers demande une vigilance accrue sur les formalités et la précision des clauses.
Une bonne relecture ne consiste pas seulement à comprendre chaque phrase : elle doit permettre d’identifier les conséquences concrètes d’un événement imprévu. Les clauses sensibles méritent donc une analyse spécifique.
Quelles clauses d’une promesse faut-il clarifier avant de signer ?
Les clauses prioritaires sont celles qui déterminent les conditions de réalisation de la vente, les possibilités de renonciation et les sanctions d’une inexécution. Il faut notamment examiner les conditions suspensives, l’indemnité d’immobilisation, les éventuelles pénalités, les modalités d’occupation et les délais imposés aux parties.
La condition suspensive de financement est particulièrement importante. Lorsque l’opération entre dans le champ du régime protecteur du crédit immobilier et que le recours à un prêt est prévu, l’avant-contrat est soumis à cette condition selon les règles applicables.
L’article L313-41 du Code de la consommation sur la condition suspensive de prêt prévoit notamment une durée de validité qui ne peut être inférieure à un mois. Lorsque la condition ne se réalise pas régulièrement, les sommes versées d’avance sont remboursables dans les conditions légales.
1 mois minimum
Durée minimale légale de validité de la condition suspensive de financement dans le champ de l’article L313-41. Cette durée minimale ne garantit pas qu’un dossier bancaire pourra être finalisé dans ce délai.
Référence : Code de la consommation, article L313-41.
Le montant du prêt recherché, sa durée, son taux et les autres paramètres prévus dans l’acte doivent correspondre au financement réellement envisagé. Une discordance peut rendre difficile la démonstration que les démarches effectuées respectaient les engagements contractuels.
Il faut aussi examiner les autres clauses à conséquences financières ou juridiques :
- Clause pénale : elle peut fixer une indemnisation forfaitaire en cas d’inexécution, sous réserve des règles permettant notamment l’intervention du juge.
- Clause résolutoire : elle précise les circonstances contractuelles dans lesquelles l’engagement peut prendre fin et les modalités applicables.
- Condition d’urbanisme : elle peut subordonner l’achat à l’obtention d’une autorisation ou à la confirmation d’une situation administrative.
- Clause d’occupation : elle détermine les conditions dans lesquelles le bien doit être libéré ou éventuellement occupé avant la vente définitive.
Les acquisitions déclarées sans emprunt demandent une vigilance particulière : l’absence de protection liée au financement peut modifier fortement le risque de l’acquéreur. De même, un acheteur professionnel ne bénéficie pas automatiquement des protections réservées aux non-professionnels.
Une indemnité d’occupation, un maintien temporaire du vendeur dans les lieux ou une remise anticipée des clés peuvent également avoir des conséquences importantes. Ces situations doivent être encadrées dans l’acte, avec des responsabilités clairement réparties.
Une clause précise reste toutefois insuffisante si les parties ne respectent pas les échéances qu’elle organise. Le suivi des dates constitue donc une protection complémentaire indispensable.
Quelles dates surveiller après la signature d’une promesse de vente ?
Après la signature d’une promesse de vente, il faut surveiller le délai légal de rétractation, la durée de validité de la promesse, les échéances des conditions suspensives et la date prévue pour la vente définitive. Ces dates n’ont pas toutes la même fonction : certaines protègent l’acquéreur, d’autres conditionnent la poursuite de l’opération.
L’acquéreur non professionnel d’un immeuble à usage d’habitation bénéficie, dans les conditions légales, d’un délai de rétractation de dix jours. Son point de départ dépend notamment des modalités régulières de notification ou de remise de l’acte.
Dans certaines ventes en copropriété, la communication de documents légalement requis peut également influer sur ce point de départ. La fiche de Service Public sur l’achat d’un logement en copropriété détaille ces obligations d’information.
Un calendrier de suivi peut ensuite distinguer les étapes suivantes.
| Échéance | Point à contrôler | Conséquence possible |
|---|---|---|
| Rétractation | Point de départ et expiration du délai légal | Fin de la faculté légale de se rétracter |
| Financement | Date limite, démarches et justificatifs bancaires | Réalisation ou défaillance de la condition suspensive |
| Levée d’option | Date et modalités prévues par la promesse unilatérale | Formation de la vente ou expiration de l’option selon les clauses applicables |
| Acte authentique | Date convenue avec le notaire | Retard, prorogation ou éventuelles conséquences contractuelles |
Une distinction importante concerne la date de levée d’option et celle de signature de l’acte authentique. Dans une promesse unilatérale, l’expiration du délai d’option peut avoir des conséquences déterminantes. En revanche, le simple dépassement de la date envisagée pour l’acte authentique ne provoque pas nécessairement la caducité de la vente.
La rédaction de l’acte doit donc être examinée avant de conclure qu’un engagement a expiré. Lorsque les parties souhaitent poursuivre l’opération au-delà du calendrier initial, une prorogation écrite peut être nécessaire.
Un acquéreur qui obtient une réponse bancaire négative doit également respecter les modalités contractuelles de justification et de notification. Une information orale au vendeur ou à l’agence peut être insuffisante lorsque l’acte prévoit une démarche particulière.
Les délais des tiers doivent enfin être anticipés : étude du financement, vérifications d’urbanisme, éventuelle purge d’un droit de préemption et préparation notariale peuvent se succéder. Prévoir une marge réaliste évite qu’une démarche encore en cours perturbe la transaction.
Le calendrier ne constitue qu’une partie de la sécurité juridique. Lorsqu’un compromis est retenu, il faut aussi vérifier les documents et informations permettant de mesurer l’état réel du bien acheté.
Que faut-il vérifier dans un compromis de vente avant de s’engager définitivement ?
Avant de signer un compromis de vente, il faut vérifier l’identité des parties, la désignation du bien, le prix, le financement, les diagnostics, les servitudes, les conditions suspensives et les pièces relatives à la propriété. En copropriété, les informations sur les charges, les travaux et le fonctionnement de l’immeuble sont également déterminantes.
Le compromis engage réciproquement vendeur et acquéreur, sous réserve notamment des protections légales et des clauses prévues. Il doit donc correspondre à une opération dont les caractéristiques essentielles sont connues.
Le dossier de diagnostic technique doit être examiné en fonction du bien concerné. Selon son ancienneté, ses équipements et sa localisation, il peut notamment comprendre des informations relatives à la performance énergétique, à l’amiante, au plomb, au gaz, à l’électricité ou à l’assainissement.
Tous les diagnostics ne sont pas obligatoires pour chaque logement. Leur absence ou leur irrégularité n’entraîne pas non plus systématiquement la nullité du compromis : les conséquences dépendent du document et de l’obligation concernée.
Pour un appartement en copropriété, plusieurs documents méritent une attention approfondie :
- Le règlement de copropriété et les éléments descriptifs applicables au lot.
- Les procès-verbaux des assemblées générales à communiquer dans les conditions prévues, notamment ceux des trois dernières années lorsqu’ils sont requis.
- Les informations relatives aux charges, aux sommes dues et à la situation financière de la copropriété.
- Les données concernant le fonds de travaux et les travaux collectifs envisagés ou décidés.
Les règles de communication et les conséquences d’un document manquant doivent être appréciées séparément. Certaines informations influencent le délai légal de rétractation, tandis que d’autres relèvent d’obligations d’information ou peuvent engager la responsabilité des parties.
La situation juridique du bien est tout aussi importante. Le notaire doit notamment examiner les droits de propriété, les inscriptions éventuelles, les servitudes et les contraintes susceptibles d’affecter la vente. L’existence d’une location en cours doit être prise en compte pour vérifier les conditions de délivrance du logement.
Sur le financement, les montants déclarés doivent être cohérents avec l’apport et le crédit réellement envisagés. Un achat conclu sans protection adéquate liée à l’emprunt peut exposer l’acquéreur à des conséquences financières importantes en cas d’échec du financement.
Enfin, le compromis peut être établi sous seing privé ou par acte authentique selon les règles applicables. Il ne faut pas lui appliquer automatiquement l’obligation particulière d’enregistrement prévue pour certaines promesses unilatérales. Les formalités exactes dépendent de la nature de l’acte.
Disposer des documents ne suffit cependant pas : il faut les confronter au texte du compromis pour repérer les incohérences et les informations manquantes.
Comment vérifier un compromis avant de le signer sans oublier une information importante ?
La méthode la plus fiable consiste à vérifier chaque information importante du compromis à partir d’une pièce justificative identifiable. Le prix doit correspondre aux accords écrits, les surfaces aux documents appropriés, les travaux aux déclarations disponibles et les clauses aux échéances prévues. Les points non démontrés doivent être clarifiés avant la signature.
Une lecture isolée du contrat permet de vérifier sa cohérence rédactionnelle, mais pas nécessairement l’exactitude des informations qu’il contient. C’est pourquoi il faut comparer les données contractuelles aux documents correspondants.
Pour la surface du logement, le régime applicable dépend de la nature du bien et de la mesure concernée. Dans une copropriété, il faut notamment distinguer la superficie privative relevant des règles de la loi Carrez des autres mesures de surface. Une différence de superficie peut ouvrir des droits particuliers lorsque les conditions légales sont réunies.
Le traitement des travaux est également important. Le vendeur doit être interrogé sur les transformations réalisées, les autorisations éventuellement nécessaires et les documents disponibles. Une extension, une modification de façade ou des travaux touchant les parties communes peuvent nécessiter des vérifications spécifiques.
Les informations relatives aux différends avec le voisinage ou avec le syndicat des copropriétaires méritent aussi d’être demandées par écrit lorsqu’elles peuvent affecter l’utilisation ou la situation juridique du bien.
Avant de donner son accord, l’acheteur peut confronter le projet de compromis à quatre questions :
- Chaque montant important correspond-il à un document ou à un accord identifiable ?
- Les caractéristiques essentielles du bien sont-elles cohérentes entre les pièces ?
- Les engagements formulés pendant les négociations apparaissent-ils dans l’écrit contractuel ?
- Chaque condition déterminante possède-t-elle une échéance et des modalités de constatation suffisamment précises ?
Lorsque le compromis a été préparé par le notaire du vendeur, l’acquéreur peut solliciter son propre notaire pour un examen indépendant. Cette intervention est particulièrement pertinente lorsque la situation présente une indivision, des travaux importants, des droits de passage ou un financement complexe.
Les réserves formulées par le conseil de l’acquéreur doivent idéalement être résolues dans la version soumise à signature. Une réponse informelle ne remplace pas nécessairement une modification contractuelle.
Cette vérification réduit les incertitudes avant la vente, mais certains litiges apparaissent seulement après la remise des clés. Leur prévention suppose d’anticiper ce qui devra être livré et garanti.
À retenir avant de finaliser l’achat
- Identifier précisément les équipements, dépendances et éléments mobiliers inclus dans la vente.
- Clarifier par écrit les travaux restant à effectuer et les responsabilités associées.
- Vérifier les clauses de garantie et organiser la preuve de l’état du logement lors de sa remise.
Quelles clauses clarifier avant signature pour éviter un conflit après la vente ?
Pour prévenir les litiges après la vente, les parties doivent clarifier les clauses relatives à l’état du bien, aux équipements inclus, aux travaux promis et aux garanties. Il faut aussi préciser les conditions de libération des lieux et de remise des clés. Plus ces engagements sont vérifiables, moins ils laissent place aux interprétations contradictoires.
La garantie des vices cachés constitue un point sensible. Une clause de non-garantie peut être prévue dans certaines ventes immobilières, mais sa portée n’est pas absolue. Elle ne protège pas le vendeur contre toutes les conséquences d’une dissimulation intentionnelle et ne supprime pas ses obligations légales d’information.
Cette clause doit aussi être distinguée de l’obligation de délivrer un bien conforme aux caractéristiques contractuellement convenues. Un équipement expressément inclus dans la vente ne peut pas être retiré sans conséquence au seul motif qu’une clause de non-garantie figure dans l’acte.
Les travaux annoncés par le vendeur doivent être décrits avec suffisamment de précision. Il convient de préciser leur nature, leur calendrier et les modalités permettant de constater leur exécution. Une formulation générale, telle qu’un engagement à effectuer les réparations nécessaires, laisse une marge d’interprétation trop importante.
Il est également utile de définir le sort des installations et du mobilier :
- Éléments de cuisine et appareils inclus dans le prix.
- Équipements extérieurs, abris et dépendances concernés par la vente.
- Installations techniques qui doivent rester en place.
- Éléments à retirer et état dans lequel les lieux seront laissés.
- Modalités de remise des clés et de vérification du logement.
Les droits évoqués oralement, comme un passage sur une parcelle voisine ou l’utilisation d’un stationnement, doivent faire l’objet d’une vérification juridique. Une simple affirmation du vendeur ne suffit pas à établir qu’un droit réel opposable existe.
Pour un logement vendu avec du mobilier ou occupé jusqu’à une date proche de la vente, un inventaire contradictoire peut constituer une protection probatoire utile. Il permet de conserver une description acceptée par les parties des objets concernés et, si cela est pertinent, de leur état.
Un relevé contradictoire lors de la remise des clés peut compléter cette démarche, notamment lorsque l’état du logement a changé entre l’avant-contrat et la vente définitive. Photographies datées, relevés de compteurs et observations écrites peuvent faciliter la résolution d’une contestation.
Ces documents ne suppriment pas toutes les possibilités de litige et ne remplacent pas les garanties légales. Ils contribuent néanmoins à établir ce qui était effectivement convenu et constaté.
Avant de signer, la démarche la plus sûre consiste à transmettre les dernières réserves au notaire, à obtenir leur traitement écrit et à vérifier la version définitive du contrat. Une promesse ou un compromis bien préparé doit permettre à chaque partie de comprendre précisément ce qu’elle accepte et ce qu’elle devra respecter.
Un vendeur peut-il changer d’avis après avoir signé une promesse unilatérale de vente ?
Le vendeur est en principe engagé à vendre pendant la durée prévue. Il ne peut pas simplement retirer son engagement sans conséquence. Si l’acquéreur exerce valablement son option, un refus du vendeur peut donner lieu à une action judiciaire, selon les clauses et les circonstances.
L’acheteur récupère-t-il son indemnité d’immobilisation s’il se rétracte ?
Lorsque l’acquéreur bénéficie du droit légal de rétractation et l’exerce régulièrement, les sommes versées doivent lui être restituées selon les règles applicables. En dehors de ce cas, la restitution dépend notamment des conditions suspensives, des clauses du contrat et des raisons de la renonciation.
Une promesse unilatérale de vente signée entre particuliers doit-elle être enregistrée ?
Oui, lorsqu’il s’agit d’une promesse unilatérale de vente immobilière établie sous seing privé et relevant de l’article 1589-2 du Code civil, l’enregistrement doit intervenir dans les dix jours suivant son acceptation par le bénéficiaire. Le non-respect de cette formalité entraîne la nullité prévue par le texte. Cette règle particulière ne doit pas être étendue automatiquement au compromis.
La vente est-elle automatiquement annulée si la date prévue chez le notaire est dépassée ?
Non, pas nécessairement. Il faut distinguer une date indicative de signature, une échéance contractuellement impérative et la date limite d’exercice d’une option. Les effets d’un dépassement dépendent du contrat et de la situation juridique. Une prorogation ou une démarche formelle peut être nécessaire pour sécuriser la poursuite de l’opération.
L’acheteur et le vendeur doivent-ils obligatoirement avoir chacun leur notaire ?
Non. Les parties peuvent recourir à un même notaire dans le cadre de la transaction. Chacune peut toutefois choisir son propre notaire pour bénéficier d’un accompagnement indépendant, notamment en présence de clauses complexes ou de difficultés particulières. L’intervention de deux notaires ne signifie pas automatiquement que les frais réglementés de l’acte sont doublés.